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Gao Bagua: Le Livre des Vingt-quatre

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Gao Bagua: Le Livre des Vingt-quatre

Les compétences fondamentales

Introduction

Les techniques qui suivent forment le premier volet des trois sections du système Gao de Ba-gua, telles qu'elles m'ont été enseignées par Hung I-Mien. Hung, issu d'une famille de cinq frères, commença son entraînement au style Shaolin familial alors qu'il était encore jeune. Il m'a raconté que deux de ses frères étaient morts prématurément, en raison de leur excès d'entraînement. Son père attribua leur mort aux conséquences pernicieuses de la pratique de la Boxe Shaolin du Sud de la Famille Hung. Après la Seconde Guerre Mondiale, Chang Chuen Feng, un enseignant des arts soi-disant « doux », quitta Tianjin pour s'installer à Taiwan. Chang avait étudié différents styles avec plusieurs professeurs, et avait été directeur d'une école de boxe à Shanghai. En entendant parler de Chang, le père Hung décida d'envoyer les trois fils qu'il lui restait étudier avec lui. C'est ainsi que Hung devint l'un de ses élèves avancés. Hung m'a enseigné ce système de Ba-gua en 1982 et 1984. Auparavant, j'avais déjà étudié de façon intermittente pendant sept ans avec Robert W. Smith, qui fut l'un des pionniers des recherches sur la « Boxe Chinoise », pendant son séjour à Taiwan entre 1959 et 1964.

Smith a lui aussi étudié avec les frères Hung, mais principalement avec Hung I-Shang, dont le système, appelé Tang Shou Tao, mêlaient des éléments issus d'enseignements de Shaolin du Sud et de Hsing-I, avec des ajouts de Ba-gua et de Chin-na (art des contrôles articulaires). Smith publia un livre sur le Ba-gua, réédité depuis chez North Atlantic Press. L'ouvrage présente l'enseignement de Hung I-Shang (différant de façon significative de celui de I-Mien, que Smith nomme improprement « Hsien-Mien ») sur le Gao Ba-gua. Comme il n'a pas été en mesure d'apprendre les cercles du Gao Ba-gua, le livre de Smith montre ensuite la marche en cercle d'un autre professeur -Kuo Feng-Chih. Le texte étant de qualité inégale et pouvant induire en erreur, je vais donc donner des éclaircissements sur le système Gao, qu'il présente partiellement. Il présente « Dix-huit exercices ». Pour ma part, on m'a enseigné vingt-quatre « Tien Gen » ou « Tiges Célestes ». (En fait, il existe dix-huit Lohan ou « techniques de transformation des muscles », mais qui ne sont pas directement liées aux vingt-quatre exercices).

Le nombre vingt-quatre lui-même est porteur de sens. Dans la Culture Chinoise Antique, et particulièrement dans le bouddhisme, la numérologie revêt une grande importance. Les nombres correspondent autant à des qualités qu'à des quantités, et sont utiles non seulement à l'organisation, mais aussi comme potentiels magiques à part entière. Le nombre Vingt-quatre 3x8 correspond au concept taoïste du Ba-gua, ou « 8 changements cosmiques », décliné en trois tiers. Ces huit changements cosmiques sont utilisés en Feng-shui pour déterminer l'orientation des habitations, l'emplacement des tombes ou invoquer les esprits (en fonction) des étoiles. Il y a huit changements, soit un Ba-gua pour le Ciel, un second Ba-gua pour l'Homme, et un troisième pour la Terre. La théorie du Ba-gua définit l'Humain comme un médium connectant la puissance du Ciel à celle de la Terre, comme un paratonnerre.

La base de la théorie du Ba-gua enseigne à l'être humain que pour manifester pleinement son potentiel, il doit établir en lui-même une harmonie entre les trois octaves, ou trois niveaux. Pour y parvenir, on utilise le corps comme une antenne. La première étape consiste à mettre en phase la colonne vertébrale et les membres, pour une efficacité mécanique optimum. Puis la respiration se met en phase avec le mouvement des membres, ce qui entraîne l'efficacité de la concentration mentale. Enfin, l'esprit se met en phase avec la respiration, permettant le détachement des émotions conditionnées. Une fois cette étape achevée, un nouveau champ émotionnel peut s'ouvrir : la conscience elle-même commence à s'ouvrir et l'expérience émotionnelle directe du monde, libre de tout conditionnement mental, peut être perçue. Toutefois, cela dépend des motivations de l'élève : pour l'obtenir, il doit le vouloir. La tension vers de plus profondes émotions, vers la beauté et la bonté, est ce qui unit les trois octaves, et permet à l'Homme d'unir le Ciel et la Terre. Dans le cas contraire, le détachement émotionnel acquis par le contrôle du souffle et du corps peut engendrer une personne dépourvue de coeur, ou pire, une coquille vide, vulnérable à n'importe quel état d'esprit, n'importe quelle humeur de passage (la leur incluse !).

Sur le plan technique, les vingt-quatre tactiques, ou mouvements (elles sont l'un et l'autre) construisent de solides fondations squeletto-musculaires pour un apprentissage sans peine de techniques de combat efficaces, ceci par le travail de la « position du cavalier », ou plus exactement du « pas du cavalier ». Cette position provient des styles Shaolin, où on la retrouve fréquemment. Pour un débutant, il peut être opportun de tracer un carré à la craie sur le sol, de la longueur d'une enjambée et de s'entraîner à pivoter en cavalier sur ce carré. On peut aussi le faire en équilibre sur des briques placées en carré. Cet entraînement est très bénéfique sur le plan de l'efficacité martiale, avec ou sans arme, car on y travaille cette compétence essentielle qui consiste à être capable de se mouvoir dans n'importe quelle direction avec une précision maximum et un minimum d'effort, tout en se réservant la possibilité de s'accroupir ou de « fondre » sous un coup. En bref, dans l'école de Chang Chuen-Feng, la pratique du Gao Ba-gua requérait de solides bases dans les positions et mouvements du Shaolin du Nord. Cette influence proviendrait plutôt de Chang lui-même, car c'est son école qui enseignait le Shaolin du Nord avant de passer au Hsing-I. Quoi qu'il en soit, l'intention première des Vingt-quatre mouvements/tactiques est de développer une bonne assise tactique -qui, pour tout ce qui a trait aux aspects pratiques, dérive du Shaolin du Nord.

La maîtrise des « Vingt-quatre Tiges Célestes » signifie non seulement la pratique des formes, mais aussi la pratique avec partenaire d'exercices de distance et de timing. Il est également intéressant de travailler au sac de frappe lourd, pour développer la force et la puissance dans les techniques. Je conseillerais enfin de pratiquer les « Vingt-quatre » avec un bâton court, un couteau ou une épée d'entraînement. Cela développera une excellente compréhension d'ensemble pour l'étude ultérieure de N'IMPORTE quel art martial. Certains professeurs utilisent ces postures dans une perspective de conditionnement physique, pour l'étirement et l'élongation du dos. Hung, mon professeur, le faisait aussi à l'occasion, mais insistait sur le fait que ce n'est PAS essentiel. Je pense pour ma part qu'il existe des moyens plus robustes et plus sûrs de faire ce travail de fond. Il y a une raison simple à cela : c'est une mauvaise habitude de pratiquer en se penchant en arrière, quelque soit la posture. Le ba-gua possède des tactiques spécifiquement destinées à briser la colonne de ceux qui commettent cette erreur. Rose Li, une de mes autres professeurs de Ba-gua, m'a dit un jour : « Certains professeurs vous font vous pencher en arrière -très mignon -mais pas bon pour le combat -très dangereux ». Et c'est vrai. Vous pouvez développer votre dos en pratiquant les techniques de pont de la lutte, mais dès qu'il s'agit de tactique, ne vous conditionnez pas à vous pencher en arrière ou en avant. Particulièrement dans l'entraînement aux « Vingt-quatre ». Il peut arriver que l'on DOIVE se pencher, en avant, en arrière ou sur les cotés, pour esquiver ou contourner quelqu'un ou quelque chose. Mais le but de l'entraînement est d'EVITER D'AVOIR À SE PENCHER. C'est à votre jeu de jambes de faire le travail. Si vous vous penchez en permanence, vos pieds ne sont pas à la bonne place. Il y a un moment où l'on se penche en Gao Ba-gua. C'est dans la phase initiale d'entraînement à la poussée. Cela est vrai dans les 24 et dans les 64. Beaucoup d'élèves ne plient pas assez les genoux. En les faisant se pencher dans la pratique, ils vont devoir les plier plus et ainsi renforcer leurs jambes. Mais c'est une étape préliminaire de la pédagogie. On m'a enseigné à me pencher lors de ma première année d'étude. Une fois que les élèves renforcent leurs jambes et « descendent » assez, leur tête doit remonter et leur coccyx descendre, pour libérer leur capacité à enchaîner le pas de poursuite et le coup de pied de face, qui est omniprésent dans le Ba-gua Linéaire ou « Ba-gua du Ciel Postérieur ». Rappelons-nous aussi de la dimension « garde du corps » du Ba-gua, qui fait partie de son histoire. Tant que votre buste demeure vertical et votre tête droite, si l'on vous bouscule de n'importe quel coté, vous avez la possibilité de faire un pas ou un petit saut pour rester sur vos pieds. Dans la foule, cela peut faire la différence. Il est préférable de ne pas volontairement exposer sa tête à un coup de genou ou une clé de tête !

Après cet entraînement aux formes et aux techniques, votre pas du cavalier est sûr, vous pouvez vous déplacer rapidement dans les quatre directions, et vos angles d'attaques sont clairs et précis. Vous pouvez passer à l'étape suivante de l'entraînement. Celle-ci se compose de soixante-quatre lignes ou enchaînements de mouvements. Les chinois surnomment ces soixante-quatre lignes du « Ciel postérieur ». Les implications en sont très platoniciennes. Cette théorie affirme implicitement que le Ciel existe, et qu'en Lui, tout est idéal. Quand les choses du Ciel descendent sur Terre, elles sont souillées, deviennent crues, terre à terre. Les « Soixante-quatre » lignes constituent donc les compétences du « Ba-gua terre à terre », les compétences tactiques, ou compétences « de combat ». Elles ne sont pas particulièrement subtiles mais elles produisent des résultats ! Toutefois, elles sont plus subtiles que celles des « Tien Gen » ou « Vingt-quatre », qui sont, après tout des exercices de type « Commando/militaire ». Les mouvements du « Ba-gua Post-Création » que l'on appellera les « Soixante-quatre » par commodité, sont constitués essentiellement de techniques issues du Hsing-I et du Tai Chi, deux autres « styles » d'arts martiaux  chinois réputés. Rappelons nous qu'autrefois, le Tai Chi lui aussi, était enseigné sous la forme de mouvements en ligne répétés encore et encore, d'un coté puis de l'autre, puis en alternant, à des vitesses différentes.

Après s'être entraîné aux deux premières parties du curriculum, les « Vingt-quatre » et les « Soixante-quatre », on passait au travail des « Paumes Mères ». On les appelait « Ciel Antérieur » ou « Pré - Création », signifiant par là qu'elles étaient plus belles et idéales tant formellement que fonctionnellement. Ces formes se pratiquent en marchant en cercle, et il semblerait qu'elles dérivent de sources indiennes. Elles comportent des similarités avec le Kalaripayattu (Art martial d'Inde du Sud) et le Thang Ta (Art martial d'Inde du Nord/Manipuram). Kilthon Nangmeithem, expert du Thang Ta m'a dit : « Le Ba-gua possède les mains d'Inde du Sud et le jeu de jambe d'Inde du Nord). On note aussi de fortes ressemblances avec les vielles danses de Shiva, observées dans les Tandavas ou Classiques de la Danse Indienne. La marche en cercle est l'élément commun à tous les styles de Ba-gua, et chacun d'entre eux (une demi-douzaine aujourd'hui) possède sa propre façon de la réaliser. La marche en cercle est également utilisée par les moines taoïstes, comme rituel de méditation, ainsi que dans la Boxe Shaolin, comme entraînement à l'agilité. Il existe donc un débat pour déterminer quand et par qui elle fut introduite dans l'art martial du Ba-gua.

Le « mélange des styles » dans le but d'acquérir des compétences particulières n'est pas rare dans les systèmes chinois, et il est important que les pratiquants d'aujourd'hui le sachent - les arts martiaux chinois anciens étaient perçus comme une entité globale d'étude composée de plusieurs types d'entraînement, plutôt que comme une pléthore de styles contradictoires.

Autrefois (1600-1900+), il était d'usage pour un jeune homme, dans la phase initiale de son entraînement physique, de pratiquer la culture physique, de soulever des poids et différentes formes d'acrobaties et de souplesses. Et en effet, beaucoup de « pratiquants d'arts martiaux » étaient impliqués dans l'Opéra chinois, qui fait un grand usage de l'acrobatie, dans ses spectacles. Les formes et la « Boxe de l'ombre » étaient enseignées aussi bien aux acteurs qu'aux pratiquants d'arts martiaux pour développer la fluidité des mouvements. Tandis que certaines formes étaient très expressives et destinées à la scène, d'autres demeuraient strictement fonctionnelles. Par la suite, des formes d'entraînement plus avancées, des chorégraphies plus élaborées et des applications fonctionnelles plus subtiles furent naturellement découvertes, et enseignées. Le travail des armes était distillé dans cet entraînement, car c'était une nécessité à l'époque. Il était fréquent qu'un pratiquant soit entraîné à mains nues par un professeur, et aux armes par un autre. Le style et le nom qu'on lui donnait comptaient moins que le nom et la personnalité de celui avec qui vous l'aviez appris. La pratique des formes et les différentes méthodes de conditionnement physique étaient utilisées pour tester le caractère de l'élève -pour évaluer sa détermination et sa loyauté envers le professeur et la méthode, après quoi il pouvait recevoir des enseignements avancés et plus profonds. Ce système d'enseignement permettait bien sûr de nombreux abus, et beaucoup d'élèves passaient des années à apprendre des formes compliquées sans la moindre explication, sous le prétexte qu'ils n'avaient pas « montré leur détermination », et autres excuses fallacieuses avancées par certains pour masquer leur incompétence derrière de prétendus secrets. Et cela arrive toujours de nos jours. Mon souhait est d'éviter d'entretenir les confusions et de présenter le Gao Ba-gua comme un système efficace d'entraînements, de formes et d'exercices, visant à l'acquisition de la fluidité tactique (self-défense physique) et de compréhension ésotérique (self-défense mentale).

L'entraînement aux Vingt-quatre Tactiques

L'importance du pas du cavalier

Plus de la moitié des « Vingt-quatre » sont effectuées dans la position du cavalier. Etant donné que le cheval était le principal moyen de transport à l'époque où ces techniques ont été élaborées, il parait évident qu'ayant appris à tenir en selle, un homme utilise ses jambes ainsi renforcées pour « fondre » sous un coup ! Le pas du cavalier enseigne aussi une habileté essentielle : sortir de la ligne d'attaque en faisant un pas de coté. Un art qui enseigne à rester face à l'adversaire, sans bouger, équivaut à demander à être frappé ! Le pas du cavalier peut être tracé à la craie ou marqué au sol sous la forme d'un carré. On peut aussi le pratiquer en évoluant sur des briques disposées sous cette même forme (pour acquérir un pas sûr), ou encore suspendre des sacs de frappe à chacun des quatre angles pour apprendre à pivoter et frapper. Le principal est d'acquérir aisance et fluidité en bondissant d'un coté à l'autre, en avançant ou en reculant, ou encore en pivotant. Une fois que ce jeu de jambes devient fluide (on peut le travailler pendant un mois ou un an ! Quand vous prenez le pas du cavalier, entraînez vous à frapper avec l'épaule ou la hanche, aussi bien qu'avec la main ou le pied), vous pouvez ajouter les mouvements de bras. Autrefois, on testait la détermination de l'élève en le laissant en position du cavalier statique. Même au bout d'une dizaine de minutes, vos jambes sont vraiment douloureuses. Si vous ne pratiquez que dans la position statique, vos jambes deviendront puissantes, mais raides. Il est également important d'apprendre à bouger !

*Rappelez vous que tout ce qui suit peut être pratiqué STATIQUEMENT en position du cavalier. Un fois expérimenté, vous BOUGEZ en cavalier en effectuant les techniques. Entraînez vous à faire un PAS DE COTE puis effectuez la technique, puis RECULEZ EN LIGNE et effectuez la technique, enfin BOUGEZ EN AVANT A 45 DEGRE et effectuez la technique. Plus tard, effectuez les mouvements de mains dans n'importe laquelle des positions classiques, en statique ou en dynamique.

La PREMIERE ETAPE des Vingt-quatre comporte Quatorze Mouvements de Main en Position du Cavalier.

1/ Frappe de la Main Ouverte

D'abord prenez la Position du Cavalier. Le premier mouvement de bras des Vingt-quatre est une frappe de la paume ouverte ou percer avec les doigts le visage de l'adversaire. Alors qu'il bloque, attrapez sa manche ou son poignet et tirez. En tirant, retournez son bras en plaçant son coude vers le haut. En même temps, frappez de la main ouverte avec l'autre bras. Assurez vous de maintenir vers le bas le coude de la main qui frappe, pour contrôler le coude de l'adversaire par une clé de bras.

Si votre adversaire est vraiment grand, et tente un direct du droit, faites un pas de coté à gauche, et étendez votre bras gauche comme pour frapper, mais en l'effleurant, juste pour entrer en contact avec son bras. Etendez votre paume droite ou vos doigts vers ses yeux, afin de détourner son attention et contrôler son équilibre. Puis réalisez la suite de la technique, c'est-à-dire, tirez son poignet droit avec votre main droite, tout en frappant avec la paume de la main gauche. Si son poignet est trop gros, saisissez sa manche. S'il retire rapidement son coup, retirez rapidement votre bras, sans essayer de saisir. S'il attaque avec un direct rapide et rétracté, vous contrez avec une claque rapide et courte. Votre réaction s'adapte à celle de votre adversaire. Dans le Shaolin traditionnel, si vous utilisez tous les deux la main gauche devant, vous parez toutes ses attaques de la main gauche avec votre propre main gauche et n'utilisez la main droite que si lui-même s'en sert. Essayez d'utiliser la main qui est devant pour la plupart des défenses initiales. On retrouve ce principe dans la boxe occidentale, particulièrement dans le style vertical du grand champion gallois Jim Driscoll, dont le direct du gauche faisait tout le travail sur le ring.

Une autre fonction importante de ce mouvement consiste à parer son bras vers l'intérieur. S'il frappe d'un direct du droit, par exemple, vous faites un pas de coté vers votre gauche et poussez son coude droit avec votre paume gauche. Votre corps se retrouvera à l'intérieur, perpendiculaire à son flanc droit, d'où vous pourrez attaquer par-dessus ou par-dessous son bras avec l'un ou l'autre de vos bras. Cet angle convient aussi pour appliquer la prise de lutte du « dormeur », ou pour une prise de jambe. Si vous pratiquez l'escrime ou toute autre forme de combat avec arme, vous observerez que cette technique ouvre l'aisselle gauche, la cage thoracique, expose les tendons d'Achille et permet un coup de pied circulaire au coccyx ou à l'anus.

2/ Coup Remontant

Utilisez le pas du cavalier. Effectuez la première technique vers le visage de l'adversaire, saisissez son poignet ou sa manche et tirez vers le bas, mais cette fois, balancez votre autre bras par-dessous pour frapper dans les cotes ou verrouiller son coude. Si l'angle est bon et votre bras assez long, pour pouvez aussi frapper son menton par-dessous.

3/ Saisir la trachée

Pas du cavalier. Attrapez la trachée avec la paume de la main tournée vers le haut. Utilisez le pouce pour presser le larynx contre le muscle stérno-cleido mastoïdien. Quand il saisit votre main pour dégager sa gorge, retournez votre paume vers le bas et en crochetant son autre bras, tirez vers votre hanche. Puis remontez à la gorge avec l'autre main. S'il saisit cette main, croisez ses bras et projetez le.

4/ Protéger la tête/frapper avec la paume

Pas du cavalier. Tournez à 30-45 degrés et levez votre avant-bras gauche pour protéger votre tempe gauche, tout en frappant en face avec votre paume droite ouverte.

S'il frappe d'un crochet du droit, parez avec la main gauche et frappez le sous le menton ou au coeur avec la paume. S'il a une grande allonge, frappez son biceps ou son épaule puis coupez au cou avec la même main.

Ramenez vos mains vers vos hanches, en les serrant en demi poings, comme pour agripper une pièce de tissu. Sur le plan fonctionnel, il s'agit tout simplement de tirer son bras vers le bas au-delà de votre flanc pour passer derrière lui.

5/ Parade Circulaire et Marteau.

Pas du cavalier. Balancez votre avant bras gauche, poing serré, comme un pendule devant votre abdomen, en touchant l'intérieur de votre coude avec votre paume droite. Tournez la taille vers la droite et élevez votre coude gauche, plié - votre paume droite est toujours à l'intérieur, devant votre visage. Puis retournez votre poing gauche, et abattez le, poing vers l'avant et vers le bas. Vérifiez que vos hanches pivotent en accompagnant le mouvement et que le bras tombe lourdement. Sur le plan fonctionnel, parez un coup direct du droit vers le nombril, avec votre avant-bras gauche, attirant son bras vers votre coté. Vous remarquerez qu'il va rencontrer votre coude gauche qui s'élève. Puis vous frappez sa tempe comme avec un marteau, et s'il attrape votre poignet gauche avec la main gauche, tirez cette dernière jusqu'à ce que sa nuque soit exposée, ou que son corps pivote et soit déséquilibré, prêt à recevoir le prochain coup.

6/ Coupe Horizontale

Pas du cavalier. Etendez la main gauche paume vers le haut, vers la coté gauche, l'épaule bien pliée. Tournez la taille et FENDEZ l'air devant votre corps jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus aller plus loin, puis retournez la paume et fendez dans l'autre sens. Ce n'est pas seulement une coupe tournante, c'est aussi une coupe en tirant vers soi avec une arme. L'autre main est placée derrière soi le long de la zone lombaire ou des reins. Cette position indique que l'adversaire vous contrôle un bras, ou que vous portez une épée ou un couteau derrière vous. Pour l'aspect fonctionnel, l'adversaire vous contrôle le bras par derrière, en « aile de poulet ». Tandis qu'il vous tire vers cette position, vous suivez le mouvement de votre coude -celui qui subit- en faisant un pas. Tournez autour de lui et coupez vers la tête. Si ses bras sont longs et qu'il vous immobilise les deux bras, frappez le d'un coup de pied arrière. Cependant le coup de pied arrière est enseigné plus tard dans le curriculum du système Gao.

7/ Coupe Angulaire

Pas du cavalier. Main droite derrière le dos, levez la main gauche sur le coté et vers le haut à environ 45 degrés. Coupez vers le bas dans la direction du genou opposé, en étant conscient du travail de l'articulation de la hanche droite dans cette technique. Dans le travail fonctionnel avec partenaire, il peut s'agir d'une saisie à la gorge d'un adversaire se trouvant à coté de vous. S'il pare l'attaque, attrapez son poignet, sinon il se peut que lui saisisse votre poignet. Dans ce cas, coupez simplement vers le bas tel qu'expliqué plus haut, en faisant passer son bras par dessus votre épaule pour placer une clé ou amener sa tête à portée de votre autre main, qui peut frapper, couper ou claquer.

8/ Double Coupe

Pas du cavalier. Les deux mains sont prêtes à couper. L'une protège la tête avec l'avant-bras vertical à environ 45 degrés. L'autre pousse vers le haut à la hauteur du coeur. Le bras qui protège coupe vers le bas- si c'est le gauche, coupez vers le coté droit comme pour frapper le bras de l'adversaire. Puis élevez votre bras droit verticalement vers le ciel et abattez le de tout votre poids jusqu'au-delà de votre taille, mais sur le coté gauche. Après que le bras droit ait effectué cette action, remontez le pour protéger votre tête comme dans la garde précédente, et poussez vers le haut avec la paume gauche, ce qui vous met dans le même garde qu'au début, mais de l'autre coté. L'application fonctionne bien contre un adversaire essayant de vous frapper avec les deux mains à l'abdomen. Coupez chacun de ses avant-bras directement au-dessus du radius, sur les tissus tendres des muscles. Quand vous levez votre garde pour protéger votre tête, essayez d'adhérer à l'épaule de votre adversaire pour le contrôler et l'empêcher de tourner son corps. Utilisez la paume de l'autre main pour frapper la cage thoracique ou le diaphragme.

9/ Claquer vers le bas.

Pas du cavalier. Levez votre bras gauche au dessus de votre tête, bien plié, comme un cou de cygne, doigts vers le bas. Protégez votre corps avec le bras droit, paume vers le bas. Laissez la colonne et les muscles du dos travailler un peu lors de la montée (Pour l'exercice, vous pouvez cambrer le dos en arrière, mais en combat, c'est une mauvaise idée, car vous risquez d'être immobilisé). Claquez vers le bas avec la base de la paume gauche en pivotant légèrement le corps vers la droite et en accompagnant le mouvement jusqu'au-delà de la taille. Votre main droite se retire légèrement le long des côtes droites. L'application est efficace sur un assaillant faisant des moulinets ou sur un long crochet du droit. Si votre adversaire ou votre partenaire d'entraînement tente ceci, parez vers le haut en cherchant le rebond pour claquer sa mâchoire en direction de son autre bras. A l'entraînement, soyez sûr que le partenaire protège bien son visage avec son autre main ouverte, que vous pouvez frappez à la place de sa mâchoire. Cherchez la réaction de rebond au moment où votre partenaire est contraint d'avancer vers vous, et vous atteindrez facilement sa tête ou sa main de protection.

10/ Prise de Visage Directe

Ce mouvement est une des techniques majeures du Ba-gua, bien qu'on le trouve aussi ailleurs. Commencez comme toujours en pas du cavalier. Balancez votre main gauche vers le coté gauche au niveau du bas-ventre, en frappant avec le dos du poignet et l'avant-bras. On recherche l'effet de lancer quelque chose. Votre autre main est derrière votre dos, comme pour tenir une épée, ou simplement pour rester éloignée de l'action (avec des armes tranchantes, il peut être très utile de garder la main libre derrière le dos !). Ensuite, élevez la paume gauche comme pour projeter avec la main et claquez la devant vous vers la droite. L'application fonctionne bien avec un adversaire se tenant à votre gauche. Claquez le au bas-ventre ou parez un coup du gauche en bas avec ce même mouvement. Placez votre jambe gauche devant sa jambe gauche. Saisissez sa trachée et s'il est de votre taille, projetez le vers la droite, par dessus votre jambe gauche. Il se peut qu'il saisisse votre main gauche. Dans ce cas, vous pouvez utiliser le même mouvement pour étirer son bras par dessus votre épaule, en vue d'une projection ou d'une fracture.

11/ Prise de Visage Inversée

Elle utilise la même parade que la cinquième technique de main (Parade Circulaire et Marteau). Pas du cavalier. Alors que l'adversaire tente un direct du droit à l'abdomen, parez avec l'avant-bras gauche. La main gauche opère une rotation vers l'extérieur et attire légèrement l'adversaire en tournant le corps vers la droite. Puis pliez le coude gauche et frappez le au visage. Enchaînez en couvrant ses yeux avec votre paume ouverte puis saisissez son cou et projetez le derrière vous. Votre main droite demeure derrière votre dos, tenant une arme ou immobilisée par votre assaillant. Cette technique peut être réalisée sur l'un ou l'autre talon, quand vous transférez votre poids de corps. Si vous parez avec le bras gauche, par exemple, comme décrit plus haut, pivotez sur votre talon droit, tournez le corps vers la droite, puis pivotez légèrement le talon gauche vers l'intérieur, après avoir transféré votre poids de corps. Vous serez en fente avant du coté droit. Pour la technique de coude, pivotez la pointe de pieds vers l'extérieur et commencez à transférer votre poids dans la jambe gauche au moment où vous frappez. Puis utilisez votre paume ouverte sur le visage de l'adversaire, tandis que vous terminez de transférer votre poids à gauche. Ensuite pivotez légèrement le pied droit vers l'intérieur. Vous êtes maintenant en fente avant gauche, sa tête et tout son corps emportés par un mouvement de fouet par-dessus votre jambe gauche.

12/ Percer, Tirer et Donner un Coup de Pied

Commencez en pas du cavalier. Etendez votre paume droite en pointe, tournée vers le ciel, à la hauteur des yeux de votre adversaire. Veillez à garder le coude gauche vers le bas et légèrement plié lors de l'exécution du mouvement. Tournez la paume droite vers le bas et tirez la vers votre hanche droite en fermant le poing, tout en frappant du pied droit au niveau bas en ramenant le pied vers l'intérieur. Dans position finale, c'est comme si vous aviez simplement fait un pas du pied droit en ramenant la pointe vers l'intérieur. Pour l'application, votre opposant frappe du gauche dans la zone médiane. Faites un pas à droite en position du cavalier et déviez le coup vers l'intérieur avec l'avant-bras droit, tout en atteignant la gorge de l'adversaire. S'il dévie (ou saisit) votre main droite avec sa main droite, saisissez la et tirez la en travers de son corps en le tournant vers la gauche. Puis utilisez votre genou droit contre sa cuisse ou son bas-ventre. Sur quelqu'un de plus de plus grand, vous pouvez frapper du pied plus haut, sur le tibia ou la rotule. Variez les distances pour cette technique. Elle fonctionnera mieux avec une posture plus haute et à la limite de l'allonge de votre adversaire.

13/ Coup de Coude et Pression

Commencez en posture du cavalier. Levez votre coude droit directement sur le coté jusqu'à la hauteur du visage. Puis pressez la paume vers le bas jusqu'au niveau de la hanche, légèrement en retrait derrière vous. Puis faites la même chose avec le bras et la main gauche. Donnez de l'amplitude au mouvement de vos omoplates et étirez réellement votre coude. Vous pouvez utiliser cette tactique quand l'adversaire se tient d'un coté ou de l'autre de vous. Feintez ou frappez pour de bon avec le coude sur le flanc de l'attaquant puis poussez sa hanche vers l'arrière. Vous saurez si la technique est correcte s'il lève les pointes des pieds avant de tomber en arrière. Ensuite vous pouvez finir la forme en réalisant la technique de l'autre coté. La même technique de coude peut être utilisée à la poitrine, au coeur, et même, si l'adversaire est grand, au bas-ventre. Vous pouvez aussi renoncer à la technique de coude et, simplement en utilisant l'action de presser, éviter un crochet à la tête en s'abaissant et passer derrière l'adversaire, puis presser l'arrière de son genou (utilisez une pression constante). Ceci l'obligera à incliner la tête en arrière et vous permettra de poursuivre par un coup ou une prise.

14/ Le « Désherbage » d'une main.

Expliquée ci-dessous dans sa version à deux mains.

15/ Le « Désherbage » - Atteindre la jambe pour la saisir et tirer.

Commencez en position du cavalier. Faites glisser votre main droite le long de la jambe droite, en insistant sur la torsion de l'épaule et la paume tournée vers l'extérieur. Quand vous atteignez votre limite d'extension, serrez les doigts comme pour saisir, et remontez la main vers la hanche en opérant une torsion en sens inverse. Tandis que la main droite remonte à la hanche, la main gauche se dirige vers le coté droit, jusqu'au dessus du genou, saisit et se retourne comme l'autre main, mais en tirant vers la hanche gauche.

VOUS ENTREZ MAINTENANT DANS LA SECONDE PHASE DE L4ENTRAINEMENT DE BASE : les pas mobiles et autres postures.

16/ Fente Avant et Poussée.

Commencez par un large pas en fente avant gauche, avec l'essentiel du poids dans la jambe gauche. Assurez vous que votre posture est assez large, c'est-à-dire que vos pieds ne sont pas alignés, mais plutôt à une largeur d'épaule l'un de l'autre. Transférez votre poids -tout en gardant le buste droit, sur la jambe arrière en pliant bien le genou droit. En même temps, abaissez vos mains le long de vos flancs, paumes tournées vers devant. Puis, tandis que vous transférez votre poids vers l'avant, poussez vers le haut avec la paume gauche en ramenant la paume droite près du coude gauche. Prenez garde à ne pas trop plier le genou gauche -le genou reste aligné avec la pointe du pied. A l'inverse de certains styles d'arts martiaux, GARDEZ LE GENOU ARRIERE BIEN PLIE. Sur le plan tactique, votre partenaire vous lance un coup du gauche vers les cotes du coté gauche. Tandis que vous transférez votre poids de corps vers la jambe droite, déviez son bras gauche avec votre avant bras gauche qui descend. Quand vous revenez vers l'avant pour pousser ou le frapper au menton avec la paume gauche, utilisez la paume droite pour contrôler son coude gauche, au cas où il essayerait de vous coller avec.

17/ Tourner et Pousser

Commencez avec une position « pieds en dedans ». Elevez les paumes comme pour porter quelque chose, doigts étirés à la hauteur de vos yeux. En transférant votre poids dans la jambe droite, tournez le corps vers la gauche. Tirez vos mains vers vos genoux, poings serrés à moitié. Effacez votre pied gauche pour l'amener à une longueur de poing devant votre pied droit. Faites un pas en fente avant gauche, et en prenant appui sur le pied gauche, poussez la main gauche avec la droite, le pouce droit recouvrant le gauche. Continuez par un demi pas à droite, transférez y le poids du corps avant de ramener le pied gauche « en dedans » et de répéter le mouvement de l'autre coté. Sur le plan tactique, imaginez un adversaire vous balançant un crochet du droit a visage. Vous entrez dans sa garde en position « pieds en dedans », et en levant les mains pour dévier son bras, vous le frappez au sternum avec l'épaule. Votre pouce droit étiré devrait frapper son oeil droit. Saisissez son bras et faites le tourner autour de vous et vers le bas. On peut tirer sur la manche aussi bien que sur la peau, particulièrement la peau de l'intérieur du bras, qui est plus sensible. S'il parvient à rester sur ses appuis après la rotation, poussez le/ frappez le aux carotides avec la poussée des deux mains. Il est aussi possible de réaliser ce mouvement par l'extérieur sur un coup droit (Hung appréciait particulièrement cette technique, tout comme les grecs anciens), immobiliser son bras puis tirer l'adversaire autour de vous pour le frapper ou le pousser. Comme toujours, il est préférable de passer sur l'extérieur pour éviter les étranglements.

18/ Se Lever, Saisir, Tirer et Frapper.

Commencez pieds parallèles, de la largeur des épaules. Placez votre bras gauche derrière votre dos. Etendez le bras gauche devant vous, paume vers le ciel, à la hauteur de la gorge. Fermez le poings droit, comme pour tirer une corde, et tirez le vers votre hanche droite, tout en vous accroupissant complètement. Aux trois quart de la descente, étirez la même main vers l'arrière et balancez la paume ouverte vers l'avant en frappe au bas-ventre. Après la frappe au bas-ventre, relevez vous avec la main toujours étirée devant et transformez la en main qui coupe, tranchant vers le bas. Accroupissez vous à nouveau et coupez avec la main droite, derrière vous, alignée avec l'épaule droite. Après le retour de la coupe, relevez vous à nouveau et inversez les mains, main droite dans le dos. Puis utilisez la main gauche pour la saisie de la gorge, et poursuivez la séquence comme auparavant, mais avec l'autre main.

19/ « Limer » ou Se Libérer d'une Saisie

Commencez en position du cavalier. Levez la main droite ouverte, devant votre plexus solaire. Placez la main gauche ouverte sur l'épaule droite. Raclez votre avant-bras droit en utilisant le cubitus le long du biceps droit, pour séparer les fibres musculaires. Continuez à descendre le long du bras droit, en le tournant de telle façon que l'avant-bras gauche puisse presser et aplatir les fibres des muscles extenseurs du bras droit. Terminez le raclement en plaçant le cubitus gauche sur le dos de la main droite. Ensuite, vous laissez la main gauche étirée à hauteur du plexus solaire et le raclez avec la main droite. La fonction de ce mouvement est à la fois thérapeutique et tactique. Sur le plan tactique, votre partenaire ou votre adversaire vous saisit le poignet droit avec la main la main gauche. Appliquez une forte pression du cubitus sur son radius gauche, près du poignet, pour se libérer de la saisie. Une autre application consiste à tourner la paume droite vers le ciel et ensuite de couper vers le bas sur son avant-bras gauche pour se libérer de la saisie. Le pratiquant utilise la même technique sur son propre avant-bras, avec du baume ou de l'huile de massage, pour masser les muscles du bras et prévenir les bleus après des impacts sérieux.

20/ Torsion du Cou

Commencez en position du cavalier. Placez vos mains dans la position classique de la méditation bouddhiste, la main droite ouverte reposant sur la paume gauche, sous le nombril. Les pouces se touchent et on laisse de l'espace entre le pouce et les doigts, comme pour tenir un oeuf. Tournez la tête directement vers la droite, en regardant par-dessus l'épaule droite. Ramenez la tête et le regard vers le centre et restez ainsi quelques instants, en permettant aux muscles du cou de se repositionner. Ensuite, tournez la tête vers la gauche et regardez au-delà de l'épaule gauche. Ramenez la tête vers le centre, comme auparavant. Répétez ce mouvement une douzaine de fois. Puis regardez directement en l'air, vers le ciel aussi loin que possible. Tenez cette position un moment et étirez votre trachée. Ramenez la tête au centre et regardez vers l'horizon. Demeurez ainsi quelques secondes le temps que les muscles se réajustent. Puis regardez directement vers les pieds, en étirant la nuque. Gardez la posture quelques instants, en essayant de toucher la poitrine avec le menton. Répétez cela une douzaine de fois en variant la vitesse. Puis faites des cercles de tailles variables avec la tête. Il se peut que vous entendiez le craquement des dépôts minéraux dans votre nuque. Cette sensation disparaît à mesure que le cou se réchauffe et devient plus fort. Répétez ces cercles de la tête pendant quelques instants des deux cotés.

21/ Rotation des Hanches.

Commencez en position du cavalier. Les mains sont en position de méditation bouddhiste. Exécutez les rotations les plus larges possibles avec les hanches, sur 360 degrés, en insistant sur le travail du bassin. Une douzaine de fois dans un sens, puis dans l'autre. Essayez avec le ventre en avant ou au contraire ramené vers l'intérieur pour vous familiariser avec la fonction de chaque muscle.

22/ la « Voûte Taoïste » et la Respiration

Commencez en position du cavalier. Mains en position de méditation. Transférez le poids dans le pied gauche. Tournez la pointe du pied droit vers l'extérieur et transférez y votre poids. Puis tournez la pointe du pied gauche vers l'extérieur et reprenez la position du cavalier, avec, cette fois, les orteils vers l'extérieur. Cette posture est également appelée « l'Arche Taoïste ». Pliez les genoux, en étendant les bras vers les cotés, paumes ouvertes et légèrement tournées vers le ciel. Essayez de vous accroupir complètement. Relevez vous en inspirant profondément, tout en remontant les mains jusqu'à ce que les paumes se touchent, en prière. En ramenant vos « mains qui prient » vers votre coeur, accroupissez vous à nouveau et touchez le avec les paumes. Regardez directement vers le ciel et roulez les yeux quatre fois d'un coté ou de l'autre, pour étirer les muscles et nettoyer les yeux. Le mouvement des yeux accompagne le processus de traitement du choc dans le cerveau.

23/ Posture de Prière

A partir de la «Voûte Taoïste » décrite plus haut, regardez droit devant vers l'horizon, fixez les yeux sur un point, transférez le poids dans la jambe droite et relevez vous en ramenant le talon gauche contre le talon droit, les pieds en « V » (le « V » dépend de la forme de vos genoux). Les yeux fixés, paumes et talons connectés, prenez -dans votre esprit- une résolution positive pour vous-même, à plusieurs reprises. Il peut s'agir d'un mantra, d'une visualisation ou d'une affirmation silencieuse, selon votre système de croyance (Dans la Tradition, il s'agirait d'un concept taoïste ou bouddhiste).

24/ la Posture de l'Infinité

Après la posture de prière qui précède, laissez redescendre les mains le long des flancs, relâchez votre résolution et demeurez debout tranquillement, en laissant la paix et le repos inonder votre corps. Dans cette tradition, on enseigne que tout développement physique, mental ou spirituel commence par ce point de repos et de neutralité.

Nous arrivons au terme de l'entraînement aux formes des « 24 tiges Célestes » du système Gao. Souvenez vous que l'entraînement au formes exclusivement n'engendre pas la capacité. Vous devez pratiquez les applications des formes à différentes vitesses avec un partenaire. Cela vous donnera un bon « timing », et dans l'idéal, devrait améliorer vos formes. Si votre objectif est de développer plus de puissance, vous pouvez recourir au travail au sac ou au travail des poids. En combinant les trois façons de s'entraîner aux formes, travail des applications avec partenaire, travail au sac et travail de la puissance, vous développerez une habileté complète.